mardi 8 octobre 2019

la maternelle nippone

Bonjour à tous.

Nous nous installons progressivement dans la routine quotidienne.
Chaque matin j’accompagne Léon à son arrêt de bus où nous y retrouvons deux mamans :
- Yurié, la plus jeune accompagne son fils de 2 ans. Son niveau d’anglais me permet d’avoir des conversations suffisamment élaborées pour partager avec l’autre maman ;
- Fuwaréiko habite devant l’arrêt. Sa fille, Nozomi est dans la même classe que Léon.

Tous les matins nous nous retrouvons pour discuter et échanger quelques mots en japonais, en anglais ou en français.

Chaque jour nous sommes bombardés de mails émanants de l’ecole pour nous informer de toutes sortes de choses :
- le bus est bien en route,
- le bus est bien arrivé à l’école,
- Le résumé quotidien de ce que les enfants ont fait à l’école,
- Les informations sur les différentes activités à venir,
- Le journal mensuel de l’école,
- Les photos des activités,
- Les fournitures qui doivent être changées,
- Le bus part de l’école.

Nous n’avions jamais été habitués à un tel suivi, que ce soit en France ou en Italie.

La scolarité est cependant très différente.

La rentrée s’effectue en avril et s’achève en mars. Léon est donc arrivé en cours d’année, et termine la dernière année de maternelle.
Il ne semble y avoir aucun programme officiel pour la maternelle. On n’écrit pas, on ne calcule pas. Aucun retard alors pour Léon en écriture japonaise.o
Soucieux qu’il puisse intégrer une école française ou italienne à notre retour, nous l’inscrivons au Cned pour qu’il puisse suivre les matières fondamentales (lecture, écriture, mathématiques et connaissance de soi et de son environnement). Je lui fais tous les soirs entre 1h et 1h30 de cours.

Les enfants de sa classe sont libres de jouer comme bon leur semble, dans la classe ou dehors, les sensei leurs donnent néanmoins des activités sportives individuelles ou collectives pour préparer un événement particulier. Toutes les activités semblent tournées vers la connaissance de soi, de son corps, des autres et de la nature.

Deux fois par mois un match de football est organisé. Les enfants doivent alors venir à l’ecole en tenue, avec leur gourdes. Il se sont entraînés, quelques jours par semaine à jouer en équipe.



Un événement sportif où sont invités les parents est réalisé à la fin du mois de septembre.
Un véritable show est en place, les enfants sont installés d’un côté, les parents tout autour de la piste improvisée sur l’herbe.
Surprise, l’évènement se déroule pieds nus.
Course de vitesse, courses d’obstacles, relais et démonstrations artistiques. Léon aura appris une chorégraphie sur une musique  hyper dynamique, des chansons japonaises, et à taper en rythme sur des bambous. L’événement durera trois heures.
Ce sera pour moi l’occasion de rencontrer d’autres parents parlant anglais dont Léon est amis de leur enfant.

Il aura également déjà été sensibilisé au danger du Japon en apprenant les consignes de sécurité en cas de tremblement de terre et en cas de typhon.

Une sortie mensuelle en pleine nature est également prévue.
Les enfants sont amenés en bus dans un lieu isolé près d’une forêt ou d’une rivière, non loin d’un abris pour les accueillir en cas de pluie.
Là, les enfants doivent aider par équipe au déchargement du bus, à l’épluchage et la coupe des légumes, la recherche du bois, la préparation du feu, son entretien, la vaisselle et le nettoyage de la zone…
On leur appris même l’ikejime, la technique traditionnelle japonaise pour tuer le poisson.

Nous constatons chaque jour que Léon se sensibilise à la nature, il observe les insectes, les attrape pour les observer et s’intéresse aux événements climatiques quand il entend parler de typhons par exemple.


vendredi 13 septembre 2019

Rentree japonaise

Bonjour tout le monde,

merci a vous de continuer a visiter le blog http://revazion.blogspot.com/

Après les célébrations du 15 août auxquelles nous avons pu assister dans notre quartier, Léon a pu commencer sa scolarité japonaise. 

Nous prenons donc le bus dès le lundi matin pour qu'il fasse ses 2h30 d'insertion.
Nous arrivons donc un peu avant 9h, nous nous déchaussons et un prof (Maeda Sensei) nous accompagne vers la classe des enfants de 5 ans. Il ne parle pas un mot d'anglais et je devine que les casiers qu'il me montre sont ceux de Léon et que parmi ceux-ci se trouverons ses fournitures scolaires, son pyjama pour la sieste, et ses vêtements de changes. Il m'explique que chaque jour a sa couleur de serviette lundi rose, mardi jaune, mercredi bleu etc... Et qu'une autre serviette sera a changer tous les deux jours, l'endroit où poser son manteau, son futon pour la sieste, etc. 
Évidemment Leon trop occupé à jouer avec les autres enfants et n’écoute rien je devrai lui rappeler les règles de l'école.


Lundi
Le premier jour c’est la grande confusion on n’ose pas me parler et ne sais si je dois rester à l’école ou rentrer pour ses premières 2h30.
On interpelle alors une maman qui sait parler anglais.

«  Mais que faites-vous au Japon sans savoir parler japonais ? » Me demande-t-elle d’emblée.
- Heu je suis arrivé il y a deux semaines... (Gimmi a break !)
- Dois-je rester ici ou rentrer chez-moi ? C’est le premier jour de mon fils qui ne sais pas non plus parler japonais...

On parle longuement en japonais.

Cette maman m’annonce, en me présentant sa fille, que je ferais mieux de rentrer chez moi car je vais gêner si je reste à l’école, et que les enseignants ne savent pas quoi faire de moi...
Biiieeen...

Doutant un peu des propos de cette personne je commence à me prépare avec une extrême lenteur, Léon me fait des bisous, je lui donne des derniers conseils pour que tout se passe bien, je profite de chacun de mes pas et c’est au moment de mettre mes chaussures que je salue la directrice si sympathique que j’avais vue à la réunion.
Elle me fait signe de ne pas mettre mes chaussures.
Que je dois rester dans une pièce : on ne sais pas comment se passera ce premier jour.

Ouf!

J’explique donc à Léon rassuré que je sera là si ça ne va pas.


Me voici donc à attendre 2h30 dans une pièce vide. Complètement vide. Pas de table, pas de chaise, il fait une chaleur étouffante comme vous le savez, et on m’apporte un ventilateur au bout d’une heure...
Je signerai des documents à même le sol utilisant Google trad pour me faire comprendre.

Léon est content il est allé à la piscine et s’est amusé sur un trampoline.

Mardi
2h30 d’école à nouveau.
On apporte les choses qui manque et on m’explique que certaines serviettes doivent être cousue d’une certaine façon. On me donne plus de détails sur la routine que doit respecter Léon le matin.
Vive la traduction instantanée !!!
Léon est déjà entrain de jouer et ne s’occupe déjà plus de nous.
Je rentre dans ma cellule ou j’ai le plaisir d’y découvrir le ventilateur et une table basse. Cette fois j’ai prévu le coup. Je vais écrire un article sur le blog !
Personne ne viendra me voir.
Léon aura passé une nouvelle journée à la piscine.

Mercredi
Cette fois Léon déjeune à la cantine.
Nous avons répété la routine et de petites filles aident Léon à prendre ses marques.
Je retourne dans ma pièce attitrée, impatient de découvrir ce qu’il y aura été installé de plus pour mon confort. Un tapis de sol !
Je peux renoncer à la chaise...
Cette fois je m’occupe en faisant de la couture pour que Léon puisse accrocher ses serviettes aux crochets. Je révise le points herbe et me fait surprendre par Maeda sensei qui voulait récupérer les documents qui lui manquait.
Malgré toute sa retenue il ne peut s’empêcher de marquer sa surprise de me voir coudre :
- HooOOoo ! You... you... ( il me mime la couture).
- Yes. ( je lui montre) is it ok ? Ok ?
- yes, hai, hai,  ok ! Et me demande : Mamma ?
Je lui souris amusé. Mamma work !
Il s’incline probablement devant mon immense talent de couturier et me laisse à mon bento pour ce midi.

Léon est toujours aussi content, ravi de se faire parfois comprendre par les maîtres et maîtresses quand il demande de l’eau en disant : Mizu.

Jeudi
De nouveau 4 heures d’école.
Léon veut déjà rester la journée entière et me demande quand il pourra prendre le bus tout seul.
Rien de nouveau dans l’école, je reste à attendre cette fois un livre m’accompagne. Aucun nouveau meuble pour mon confort.



vendredi
C'est le grand jour!
Journée complète à l'école.
J'amène donc Léon à l'arrêt du bus situé à 3 minute de notre appartement, devant le parking d'un particulier. Nous prenons garde a ne pas arriver en retard craignant l'hyper ponctualité japonaise.
Une maman accompagnée de son petit nous y retrouve.

Ho hayogo saimasu.
Je la salue en expliquant que je ne connais que quelques mots japonais. Ravie elle me répond en anglais. Nous entamons des presentations normal et enfin je peux échanger avec une personne du quartier qui me promet de m'apprendre le japonais et de me présenter ses amis.

Le lundi suivant je rencontrerai une autre maman, celle qui habite la maison de l'arrêt du bus, elle aussi adorable parlant moins anglais, mais désireuse de créer du lien.

Je sens bien qu'une nouvelle étape dans notre installation nippone est sur le point de naître.

mardi 20 août 2019

L’installation avant la reprise scolaire

Merci pour vos messages qui nous font toujours très plaisir. Je m’excuse de ne pas pouvoir répondre à chacun d’entre vous, et j’espère que ce passage vous plaira.

Après l’inscription de Léon à l’école, nous avons encore une foule de formalités administratives à remplir. Et c’est très généreusement qu’Atsushi Sensei (le responsable d’Alessia) nous propose de nous accompagner à la mairie pour faire office de traducteur. Dans sa voiture se trouve également  un collègue chinois en post doc qui vient d’arriver. Lui aussi doit remplir son lot de formalités. 
Je vous épargnerai toutes les étapes, mais en bref nous devons officialiser Léon et moi, notre arrivée afin d’obtenir le statut de résident. 
Nous devons prouver que nous sommes bien mariés et que Léon est notre fils. 
Nous devons nous assurer auprès de la sécu japonaise, et comme je ne travaille pas nous avons droits à des aides de l’Etat. 
Nous devons ensuite inscrire officiellement Léon au système éducatif afin que le coût de l’école soit calculé par les services de la mairie.
La plupart de ses étapes nous les ferons en une seule fois avec Atsushi, témoins d’improbables dialogues où l’employé de mairie s’adresse à nous en japonais pendant plusieurs minutes, et notre traducteur de répondre pendant plusieurs minutes également sans que nous n’ayons dit une seule phrase et de se tourner vers nous : 
« It’s complicated »
Et les deux de repartir dans leur conversation qui nous semble interminable, de nous faire remplir nos noms prénoms, adresses, numéro de téléphone et signature sur les documents qui nous sont présentés.
Ce jour là des papiers nous manquent et nous décidons d’y retourner seuls la semaine suivante cette fois armés de Google translate pour comprendre ce que nous faisons. À l’heure à laquelle je vous écris Léon et moi sommes officiellement résidents de la ville de Kanazawa, j’ai obtenu mon numéro de téléphone assez rapidement et il semblerait que nous soyons affiliés à la sécu japonaise. D’autres documents nous sont parvenus que nous devons encore traduire pour comprendre de quoi il s’agit et déjà nous devons nous rendre à la mairie pour une raison obscure.


Chaque fois que nous devons nous rendre au centre-ville nous en profitons pour faire une courte promenade pour découvrir notre nouvelle ville.
Proche de la mairie nous nous sommes rendu brièvement au Kenroku-en, auquel en tant que résident nous avons accès gratuitement les week-ends et jours fériés. Il fait parti des trois jardins les plus beaux du Japon. Réalisé au cours de l’ère Edo (1603-1868) ce jardin immense est fait pour s’adapter au cours des saisons, les arbres sont soutenus quand le poids de branches est trop lourd, des cordes sont installées avant les premières neiges pour éviter qu’elles ne se cassent. Nous avons hâte de découvrir les changements de saisons ici.


Rapidement nous sommes aussi passés dans le parc du plus ancien sanctuaire de Miwa de tradition bouddhiste où il est possible d’y laisser ses vœux. À l’entrée devant le temple un bloc de pierre est taillé pour contenir de l’eau et de longues louches sont laissées à disposition des pratiquants qui se lavent les mains, et se rincent la bouche, on s’incline devant le temple avant de s’avancer, on s’incline avant de quitter les lieux. Les voyant faire, Léon veut tout faire lui aussi.
Pour l’instant nous ne visitons pas beaucoup, nous ne faisons que des promenades. Nous avons le temps, nous devons nous habituer à notre nouvelle maisons, à notre quartier, et à la nourriture qui nous désarçonne parfois (glace aux haricots noirs ??), retrouver des habitudes de vie.


En rentrant dîner chez nous un vendredi soir après une séance administrative, nous entendons de la musique venir d’un parc.


Nous nous y engageons et découvrons une fête de quartier sur le point de commencer. Des stands de jeux, de brochettes et de bières sont en pleine installation ! 
Un homme nous fait signe de nous approcher et en nippon-glish, nous comprenons que nous sommes les bienvenus, qu’il y aura des jeux pour petits et grands et que tout s’achète par l’intermédiaire de bons.
Nous rentrons donc chez nous pour nous rafraîchir et nous changer.
Léon n’en peut plus d’attendre, le mot « fête » à été prononcé et il ne tient plus en place.
Nous y passerons bien 2h à regarder Léon courir dans tous les sens pour nous demander d’autre bons pour la pêche aux bonbons. 
Nous révisons nos nombres japonais en jouant au bingo avec nos compagnons de table. 
Des enfants font du karaoké sur la bande originale de Totoro.


Une autre fête un peu plus mystique cette fois aura lieu le soir du 15 août dans un autre parc près de chez nous. De la musique traditionnelle sort des écouteurs placés aux 4 coins du parc. 
Majoritairement des femmes en kimono, quelques hommes et peu d’enfants dansent en cercle autour d’une petite tour au sommet de laquelle une personne semble donner l’exemple.

Nous nous asseyons pour observer.

En retrait des tables on été installées et des hommes en kimono font de la calligraphie sur de grandes feuilles de papier. Tout le monde est très concentré mis à part les enfants qui courent avec Léon.

Un homme nous remarque et nous offre une bouteille de jus d’orange qu’il sort d’un immense bac à glaçons. Nous demandons alors de quoi il s’agit.
L’homme ne connaissant pas l’anglais nous répond simplement « Obon » et nous fait signe d’attendre.
Arrive un jeune homme qui essaie mal à l’aise de nous parler en anglais.
Nous comprenons alors qu’il s’agit de la fête des âmes. C’est à cette période que les morts sont honorés, et les danses sont là pour les divertir. 
Cette nuit là le typhon s’approche des côtes Est du Japon et le vent nous empêche de dormir. Il n’y aura aucun dégât le typhon était loin.
Au matin nous pouvons voir de nombreux japonais se rendre au cimetière qui achèvent là leur devoir envers leurs défunts.


lundi 12 août 2019

Une inscription à l’école japonaise


Bonjour à tous.

Je me félicite de vous écrire déjà après seulement une semaine. J’espère que cela durera.

Il est important ici de vous rappeler le climat que nous avons ici au mois d’août : entre 34 et 37°C avec un taux d’humidité écrasant de 80-85%
Autant vous dire que le moindre filet d’air qui nous frôle quand nous mettons le nez dehors est un délice de fraîcheur. 

Pour survivre nous nous réfugions dans les magasins et centres commerciaux qui font tourner la climatisation à 25. Le choc à l’entrée comme à la sortie est saisissant à tel point que nous nous sommes habitués à prendre un gilet en plus quand nous nous déplaçons pour ne pas prendre froid. Il y a bien sûr dans nos sac un deuxième T-shirt tant nous suons en une matinée!

Arrive le rendez-vous à l’école de Léon. 

Celle-ci n’est pas bien loin de notre petit appartement, mais étant située au sommet d’une colline nous prenons le bus pour nous épargner la montée. Afin de faire bonne impression j’ai pris soin de glisser une chemise dans mon sac. Je me change donc discrètement avant de rentrer dans l’école. Nous ôtons nos chaussures à l’entrée, et on nous indique en japonais et par signes où attendre. Entre temps ma belle chemise s’est transformée en véritable éponge et donne un effet désastreux. Je cours vite me changer un nouvelle fois au toilettes.

Déjà 5 minutes d’attente et Léon n’en peut déjà plus. Nous croisons alors les doigts pour que cet entretien ne dure pas trop.
Entrent trois personnes 2 femmes et un homme. L’homme (en tenue de sport) se présente en se pointant le visage. Il s’appelle Shin. La femme plus âgée à ses côtés est sa mère, elle nous fera la traduction car elle a étudié l’anglais à l’école. « Hello ! ».
Enfin en bout de table, Yoko qui sera une des maîtresses de Léon. « Hai. Ohayogosaimasu »
L’entretien durera environ une heure et demie au cours de laquelle on nous présente la partie administrative avec son lot de documents à remplir, la partie comptable avec le prix de l’école qui sera décidé par la mairie, la cantine, le bus scolaire, les fournitures, le calendrier, les horaires, comme je ne travaille pas il ne pourra pas rester au delà de 15h30. 

Yes. Hai. Ok ok!

Haaa mais vous voulez utiliser le bus scolaire... Hum le départ de l’école ne fait qu’à 16h30...
Ça discute longuement en japonais...
Bon ce n’est pas grave. Léonkun pourra rester à l’école en attendant le bus et vous ne paierez pas plus cher.

Yes. Hai. Ok ok!

On nous donne une pile de documents à remplir et enfin nous pouvons visiter l’école.
Les bâtiments hauts de plafonds sont neufs tout en bois et ouverts les un sur les autres. Il n’y a que 3 classes et chacune donne sur un petit espace vert dans lesquels on été installés des piscines pour la saison. Les enfants de l’âge de Léon  se rhabillent dans leur classe et certains ont déjà commencé les activités sportives. Évidemment Léon les rejoint joyeusement pendant que nous terminons la visite. Il y a des casiers partout, des sac de toutes tailles (sac à dos, sac en nylon, petit sac en tissus pour le change, sac de bain et sac de toilettes) ; d’innombrables serviettes  de bain, pour les mains et le visage en 3 exemplaires et de couleurs différentes s’il vous plaît. 

Yes. Hai. Ok ok!

Au cours de la visite la maîtresse nous interpelle ainsi que quelques enfants pour nous présenter l’animal de compagnie, la mascotte de l’école qui court et se cache sous les pupitres des élèves, un canard ! Il n’en fallait pas plus pour convaincre Léon qui ne veut plus rentrer. 
Malheureusement entre le temps de s’enregistrer à la mairie, d’obtenir les affaires nécessaires pour sa rentrée et les vacances scolaires du mois d’août il ne reprendra les cours qu’à partir du 19 août, au rythme d’1h30 les deux premiers jours, 3h les deux suivants et temps plein le vendredi.

A la fin de la visite Shin propose de nous ramener avec le bus scolaire pour nous montrer à quoi il ressemble et où trouver les arrêts de départ et d’arrivée.
Le bus, jaune orange et vert, est vraiment à hauteur d’enfants, bas de plafond et petits sièges.


Cette découverte n’aura durée que 2h, mais nous sommes tous les trois conquis.


Je ne pouvais pas rêver mieux comme environnement pour voir grandir mon fils.

samedi 10 août 2019

Arrivés à Kanazawa

Bonjour à tous.

comme prévu je vous écris aujourd’hui pour vous raconter mon petit voyage avec Léon pour arriver jusqu’à la ville de Kanazawa au Japon dans la province d’Ishikawa.

Le voyage s’est plutôt bien passé dans l’ensemble. 

Nous sommes partis Le 31 juillet de Venise pour arriver une heure plus tard à 20h à Vienne.
Là nous avons passé une nuit d’hôtel à côté de l’aéroport. Léon était ravi car il y avait un baby-foot auquel il a pu jouer avec les autres enfants qui étaient également en transit.
Le lendemain nous avons pris le vol le plus long pour nous rendre à Taipei environ 13 heures de vol. Heureusement qu’il y avait une tablette pour divertir Léon, mais la difficulté pour moi était qu’il fallait absolument que je joue au même jeu que lui. Nous avons donc très peu dormi, environ deux heures sur tout le trajet. 
Nous avons aussi beaucoup mangé, la China Airlines nous a donné trois repas au total.

À Taipei nous n’avions que deux heures pour pouvoir changer de terminal. 
Ce fut alors la course. Mais Léon fut très efficace, même s’il n’avait que très peu dormi, sans doute très énervé par le manque de sommeil. Nous avons donc traversé tout l’aéroport sans aucun souci pour attendre notre dernier vol qui allait durer trois heures pour nous rendre dans la ville de Toyama.

Clairement nous étions crevés je n’arrivais plus à supporter Léon qui n’arrivait pas à dormir. Il fallait pourtant qu’il se repose et ce n’est qu’à la fin du voyage qu’il s’est écroulé. j’ai donc dû presque le porter à la sortie pour prendre les bagages.

Le pauvre. 

Le passage de la douane était compliqué et long, c’est à peine s’il avait les yeux ouverts.
Une fois tous les contrôles terminés j’ai indiqué à Léon la porte qui allait s’ouvrir sur sa maman qu’il n’avait pas vu depuis quatre mois déjà.
Épuisé comme il était, il s’est juste laissé tomber dans les bras de sa maman qui le couvrait de bisous.

Mais le voyage était encore loin d’être terminé.

il fallait à présent prendre un bus pour nous rendre de l’aéroport au centre-ville. 
Ensuite nous avons dû prendre le Shinkansen (Modèle de confort, de silence et de ponctualité) pour Kanazawa.
Enfin nous prenions un bus pour arriver dans notre petit appartement.
Nous avons profité du week-end pour découvrir la ville ou plutôt notre quartier, acheter un petit vélo pour Léon et surtout profiter d’être enfin tous les trois ensemble.

Demain nous avons rendez-vous avec l’école maternelle pour y rencontrer le maître de Léon. Il est très impatient d’apprendre le japonais car à chaque fois qu’il a envie de parler avec un autre enfant il vient vers nous et demande : 

Comment dit-on ceci ? Comment dit-on cela ?

Invariablement nous lui répondons que nous ne savons pas encore le japonais, et que bientôt ce sera lui nôtre maître.

Voilà.
C’est tout pour aujourd’hui.

lundi 1 avril 2013

Un nouveau voyage

Cela fait bien longtemps que je n’avais plus repris le clavier pour continuer à parler du voyage. Depuis le 21 décembre 2012 et ma dépression post retour (Cf-l'angoisse du changement). J'ai décidé de continuer mon périple en compagnie de ma douce italienne (A).
Une opportunité de travail se présente à Bologne, en Italie. Parfait le voyage continue me dis-je, je n'ai plus un sous, je ne parle pas italien... Chalenge accepted.

Nous nous installerons les premiers mois à Rovigo chez ses parents afin se préparer à l'obtention éventuelle de son poste.
Je suis l’étranger, j’apprends l'italien sur le tard. Je ne me sens pas tout à fait à l'aise de squatter ainsi chez beau papa et belle maman.
Je suis l'inconnu hébergé sans emploi. J'ai honte.

C'est au courant du mois de février que la nouvelle se confirme, je vais être papa !

Pendant un instant je suis paralysé, il fait chaud très, très chaud. Je vais être papa !

Étrange mélange d'angoisse aveugle et d'intense bonheur. Une seconde plus tard retour à la réalité. Je dois parler italien !
Je dois trouver un taf !
Je dois trouver une maison !
Je dois appeler mon frère !
Fuck ! La « to do list » vient d'exploser !

Dans la cuisine italienne : Une belle maman aux anges, un beau papa choqué qui me fixe. J'esquisse un sourire assuré et rassurant, je me trouve con, comme jamais.

Il me prendra entre quatre yeux pour m'exprimer ses craintes je comprends alors 10% de son discours. Je lui répondrais par écrit avec l'aide de la future maman, m'engageant à trouver toit et emploi aussi vite qu'il me sera possible.

À la mi-mars je signe un contrat avec le British institute pour une cinquantaine d'heures je trouve une chambre dans le centre et des cours gratuits d'italien pour immigrés. En avril nous emménageons.

samedi 5 janvier 2013

D'un voyage à l'autre-l'angoisse du changement.

Que l'on soit baroudeur expérimenté, aoutien, adepte du voyage organise ou auto-stoppeur, le moment du départ vers un long voyage ou une destination inconnue s'accompagne souvent d'une monté d'angoisse.

Nous réagissons tous différemment à ce phénomène : insomnies, nœuds au ventre, paquetages dépaquetages repaquetages, sensation de vide, détachement, vérifications continuelles du numéro de réservation. Le billet d'avion est-il bien à sa place ? On a ferme le gaz avant de partir ? ...
La liste peut s'allonger jusqu'au point de l'immobilisation totale à regarder l'avion partir, sans nous.

Et notre entourage qui est là pour nous soutenir "Ne t'en fais pas ce sera une expérience incroyable", nous jalouser "Mais quelle chance tu as !" et nous encourager "Tu vas trop kiffer !"

Oui, probablement, sauf qu'à ce moment là on est à deux doigts de péter un câble, vomir, s’évanouir, hurler.

Le nombre de départ vers l'inconnu déjà effectué ne réduit pas tellement la crainte qui accompagne ces premiers instants, avant de faire le grand saut. L’expérience permet surtout de pouvoir appréhender cet phase de transition. Elle nous permet de relativiser autant que possible mais aussi et surtout d'en savoir plus sur soi-même. Ainsi nous devenons capable de créer un espace pour cette peur, nous pouvons l'apprivoiser car nous avons découvert nos réactions, nos attitudes quand nous sommes dans cette situation. Enfin, avoir une telle expérience nous donne la force de pouvoir avancer vers l'inconnu. Car il en faut de la force. Un départ pour une nouvelle vie est à la fois excitant, éprouvant et effrayant.

Interrogés sur cet sujet les baroudeurs que j'ai pu rencontrer lors de mes voyages sont formels : Oui. On flippe toujours avant de franchir une frontière, mais quand on retourne dans un pays dans lequel on est déjà allé alors ce n'est plus l'inconnu, c'est presque comme à la maison.

J'ai beaucoup aimé cette remarque également : « Dans un voyage, le moment le plus difficile et le plus long, c'est quand on va à l’aéroport. »

En fait il me semble que ce sentiment est le même que celui que nous avons ressenti le jour de notre rentrée à l’école primaire, de notre premier entretient d'embauche, de tout ces événement auxquels nous avons dû faire face et ou nous n'avions aucune idée à quelle sauce nous serions mangés.

Et pour ceux qui sont encore en voyage, qui se sont habitués à la routine de l'inconnu, cette angoisse fera probablement à nouveau son apparition justement le jour ou il faudra prendre l'avion pour rentrer à la maison.






dimanche 14 octobre 2012

L'automne à Vancouver

Je quitte la Malaisie à la fin du mois de septembre pour un changement radical, le Canada.

L'avion s'approche des côtes Canadiennes au petit matin. Il manœuvre avant de procéder à l’atterrissage j’aperçois alors le relief montagneux saisissant, situe au nord de la ville.

À l’aéroport je retrouve Alessia. Voici 6 mois que nous nous attendons, chacun de son côté de la planète. Nous avons pris le pari fou de nous retrouver sur un autre continent pour saisir notre chance ensemble, loin de tous et de tout.


Un nouveau continent, après plus d'un an et demi en Asie et Australie, je ne sais plus trop à quoi m'attendre. Je m’inquiète un peu, sans doute influencé par quelques obscurs stéréotypes.
La ville de Vancouver m’indiffère. Ses voies aux angles trop droits, ses avenues qui vont d'Est en Ouest et ses streets du Nord au Sud. Oui, oui c'est pratique et rigolo, mais je crois que ce qui me plait le plus c'est de pouvoir me perdre dans une ville. Alors je cherche les quartiers et les découvre petit à petit.

- Le quartier Italien avec ses cafés et pizzerias, ses supérettes de produits importés d'il y a trente ans. Les immigrés sont arrivés et ont apporté leur culture d'alors. Celle-ci a évolué en parallèle avec le développement de la ville... une Italie stoppée dans le temps, Une Italie canadienne...

- Le quartier Indien aux aspects très colorés où nous faisons régulièrement nos courses pratique des prix défiants toute concurrence. À l’entrée des banques nous remarquons des Sikhs qui après quelques conversations nous apprennent qu'ils sont pour la plupart détenteurs de Masters ou équivalents. On ne reconnaîtra en eux que leurs compétences de gardiens.

- Granville Island, le quartier le plus européen avec son marché, ses bateleurs et ses boulangeries. Situé à l’entrée du centre-ville, entouré par la baie cet endroit ressemble à un village où pour un instant grâce aux mouettes, à l'air marin et au port de plaisance on se sent isolé.

- East town où l'air porte une forte odeur quasi constante de joints et où la densité de personnes au regard perdu probablement addict à l’héroïne est impressionnante. Je me sens très mal à l'aise dans cette partie de la ville et ne fait que de me lamenter. J'angoisse à l’idée de croiser le regard de certains. Et ce n'est pas faute d'avoir fait un effort. En effet, je participe à un atelier de création artistique pour apprendre à fabriquer des lanternes chinoises. L'un des participants lancera une phrase plutôt marquante : « Ouais, moi d'un coup d’œil je peux dire si un homme a déjà passé la nuit dans la rue. Ouais, ça se voit dans leurs yeux ça. » Cette humanité je ne l'avais pas croisée en Asie, cette misère est bien différente en orient.



 
- The shaughnessy disctric, où nous nous sommes installés. Une location chez un couple de retraités dans une chambre souterraine, rose. Les fenêtres donnent sur le sol, c'est un peu bas de plafond mais le quartier est incroyable. Chaque trottoir est agrémenté de pelouse où des arbres gigantesques couvrent les toits des vastes maisons des environs. On a presque l'impression de vivre dans une forêt.


Ceci m’amène à vous raconter le changement de climat. Je vais redécouvrir l'automne. Pendant tout mon périple les températures les plus basses de jour tournaient autour de 10 degrés et peut être un -1 de nuit. Comme je l'ai précisé plus haut mon quartier est très agréablement boisé et c'est un vrai régal de pouvoir se promener tout au long de l'automne sous ses arbres flamboyants. La nature est omniprésente et il est clair qu'ici la politique urbaine est d’intégrer la nature à la ville.

Les différents parcs et réserves naturelles ne manquent pas. Aux abords des forêts il est à la fois fascinant et effrayant de voir des mises en garde sur les ours. Des numéros sont affichés si nous venions à en croiser un et des poubelles au design particulier en abords des forêts pour empêcher d'attirer les grands nounours sur le territoire des humains.

Je me sédentarise dans cette ville et me rend compte que j'ai du mal à redécouvrir ce mode de vie, j'ai l'impression d'avoir déjà tout fait, tout vu en quelques semaines, et manque de curiosité pour aller plus à fond dans la découverte constante de mon environnement. Ce sera en partie grâce à un groupe d'amis bouddhistes que je retrouve mes repères. Après 2 ans de vie nomade où je m’étais habitué à faire de fortes rencontres sans véritable lendemain, des amis à « usage unique » avec lesquels tout pouvait se dire, tout pouvait se partager, avec lesquels pourtant on aura presque aucun mal à se séparer. En voyage la séparation devient routine.

Et puis dans mon petit nid de Vancouver Je reçois un vieil ami, Samuel. Expatrié depuis longtemps au États-Unis il viendra passer quelques jours pour parler du bon vieux temps, de nos vies d'avant de nos vies d'aujourd'hui. Une agréable retrouvaille que je ne pourrais reproduire malgré son invitation, par manque de moyen. (I'm sorry mate I hope we'll talk again soon.)

Et puis Vancouver c'est aussi une incroyable politesse et un sens du respect des autres irréprochable.
Mon éducation à la française en est toute chamboulée et admirative :

- Respect des files d'attente, toujours.
- Si l'on vous bouscule, on s'excuse, souvent.
- Dans le bus : Bonjour chauffeur, quand on monte. Merci, au revoir, bonne journée quand on descend.
- Demandez des conseils, ou des informations à qui que ce soit, on s’arrêtera pour vous aider.

Si on me demande je vous dirais que je ne connais rien du Canada, seulement Vancouver. Il y a finalement au moins autant de chose a découvrir dans un seul lieu que dans une multitude.



Je vous laisse avec la musique qui passait alors





jeudi 20 septembre 2012

Malaisie part 2 - des Malais des croyances






Nous achèverons notre dernière journée d'excursion plus proche de nos compagnons de randonnée. L'effort nous a rapproché et nous sommes heureux d'avoir pu accomplir cette expérience éprouvante. 
Notre guide Greko sourit en évoquant sa jeunesse, quand la ville de Kuala Tahan était encore peu tournée vers le tourisme et qu'il devait traverser la jungle chaque matin pendant plus d'une demie-heure pour se rendre à l’école. Nous prenons une dernière fois le bateau pour retourner à notre auberge, tous pressés de pouvoir profiter de notre douche méritée. 

Alors que nous nous approchons de Rippi Guesthouse, le gérant nous salue entouré de sa famille, présente ici pour célébrer l’arrivée du fils du Sultan de la région de Pahang. Riffi nous encourage donc à nous rendre à cette célébration en nous glissant un : « Free food for you ».

En plus de la bouffe gratuite, il s'agit d'un événement intéressant que nous ne risquons pas de voir de sitôt. Une fois lavés et changés nous nous dirigeons vers le lieu de la fête. Nous sommes un peu mal à l'aise à l’idée de venir nous servir pour un événement qui ne nous concerne pas, mais les malais nous accueillent avec de grands sourires et nous font essayer tous les plats. Nous essayons donc de gouter à un maximum de choses afin de découvrir les saveur locales. C'est la première fois que nous sommes entourés par tant de Malais. 

Tous ce sont fait beau pour l'occasion. Une jeune femme nous explique qu'il s'agit d'un grand honneur de recevoir cet homme ici et qu'elle aimerait beaucoup pouvoir l'approcher. La plupart des femmes présentes sont voilées, il faut dire que nous sommes dans un des pays où la pratique de l'Islam est la plus dominante. Je me surprend donc à admirer ces foulards placés avec élégance, tous de couleurs différentes, en harmonie avec le reste de la tenue. J'en viens même à penser que les cadors de la mode européenne pourraient bien intégrer le voile dans leurs défilés de mode si prisés. Et je m'amuse à imaginer en occident une nouvelle tendance, qui dérouterait bon nombre de ces personnes, tellement mal informées sur le sujet et pourtant si promptes à émettre un jugement de valeur. 

Nous ferons le bonheur de cette jeune femme car nous ayant aperçu, le prince et ces suivants s'approchent de nous pour nous saluer. Nous lui assurons que nous prenons beaucoup de plaisir à visiter son beau pays, que nous venons de France. Il connait le pays et s'y serait rendu récemment. Nous venons de Paris précisons nous. Ce à quoi il nous répondra de ne pas nous fâcher mais il préfère l’O.M. 
Après cette rencontre diplomatique, nous décidons de partir nous coucher car demain nous reprenons la route, direction The Cameron Highlands et ses plantations de Thés. Encore une fois nous prenons le bus pour nous rendre sur place. 

L’arrivée me rappelle le Vietnam et Sapa avec ses nombreux flancs de collines aménagées en terrasses vert-brillants. Le chauffeur nous demande devant quel hôtel nous souhaitons nous arrêter. Aucune idée, nous ne faisons aucune réservation. Les autres passagers semblent surpris, se pourrait il que tous les hôtels de la ville soient pleins ? Effectivement, les hôtels corrects le sont et nous partons à la chasse aux auberges peu chères. Il ne nous faudra que quelques minutes d'effort supplémentaire pour trouver un lieu deux fois moins cher. 
Nous sommes dans les montagnes et il fait froid. Pour la première fois du voyage nous enfilons des vestes. Mais l'endroit ne nous plaît pas, sans doute ne sommes nous plus habitués au fourmillement d'une ville moyenne et de surcroît touristique après nos jours passés sur des plages désertes et la jungle. Nous consultons tout de même le Lonely Planet pour trouver une activité intéressante. Il y a des randonnées mais nous passerons notre journée à essayer de trouver le point de départ, alors nous nous promenons dans la ville de marchés en marchés, de cafés en restaurants. Nous décidons donc d’écourter notre séjour pour nous diriger vers l'ile de Penang. 

Le terminus est à Georgetown et nous descendons à une gare routière où nous attend une flopée de taxis. Notre premier réflexe est bien sur de refuser. Nous nous éloignons donc un peu pour consulter la carte de notre Lonely Planet afin de voir la distance qui nous reste à parcourir avant d'arriver vers le centre où se trouvent les auberges bon-marchés. Nous en avons d'ailleurs repéré une qui apparemment fait des banana pancakes du tonnerre. Sur le guide la gare routière de la ville est à environ 1 km du centre. 

Nous nous consultons et sommes d'accord pour économiser un taxi et de marcher tranquillement vers la ville. Au bout de quelques minutes nous demandons à un groupe d'hommes, discutant avec un chauffeur de car touristique, la direction pour nous rendre vers le centre de Georgetown. Le chauffeur qui parle le mieux anglais nous fait monter dans son bus pour consulter la carte que nous lui tendons. Il nous demande comment nous souhaitons nous y rendre, lui expliquant nos intentions, celui-ci se met à sourire car nous sommes à plus de 20 bornes de la ville !! 


En voyant nos mines déconfites il nous propose aussitôt de nous emmener gracieusement à notre hôtel en nous faisant ses petites explications touristiques. A nos remerciement il répondra : « Welcome to Malaysia ». 
L’hôtel que nous cherchions n'existe plus. 
Heureusement il y a un hôtel tous les 10 mètres dans la rue où nous nous sommes arrêtés. 



Nous découvrons la ville avec son histoire, sa culture et sa spiritualité. L'ile fut longtemps sous une occupation britannique. Plusieurs quartiers et édifices religieux témoignent de l'important multiculturalisme. Un quartier chinois, indien, des mosquées, des églises, des temples chinois, indiens, bouddhistes. Cette grande diversité nous amène à découvrir un parcours recommandé par le centre culturel de la ville. Il s'agit d'une promenade nous emmenant dans les musées de la ville et nous invitant à entrer dans les lieux de cultes.



Le musée nous révèle la présence de différentes ethnies malaises de leurs traditions, de leurs coutumes et même de leurs jeux. Plus qu'un Musée de l'ile nous découvrons un pays qui a du intégrer dans son histoire d'autres civilisations et apprendre à vivre avec elles. Aujourd'hui nous n'avons que l’œil du touriste bien superficiel. Mais il ne semble pas y avoir d’animosité culturelle. Le Muezzin chante l'appel à la prière qui nous sert un peu de bande son à nos vacances malaises. Les églises sont plus modestes et plus récentes. Et en nous promenant dans les rues nous découvrons un temple hindou d’où sortent des hommes et des femmes en habits traditionnel. Les temples chinois parfumés d'encens et richement décorés nous ravissent les yeux.
Le plus grand temple bouddhiste de toute l’Asie du Sud-Est se trouve également sur l'ile : Kek lok Si Temple. 
Juché sur une colline en périphérie de Georgetown, le lieu est incroyable. Des bouddhas par dizaines, des bodhisattvas par centaines, les temples sont multiples ici, sur plusieurs niveaux, des tortues pour la chance, des jardins pour être en paix. Impressionné je salue humblement les bouddhas et nous allumerons une bougie pour notre bonheur futur. Un soir que nous nous baladons dans les rues nous apercevons un restaurant qui propose également la location de vélos. 
C'est décidé nous partirons en balade le lendemain. 


Nous découvrons bien vite que la ville n'est absolument pas adaptée pour ce type de véhicule. Les trottoirs sont souvent inexistants et très vite nous nous retrouvons sur des voies un peu trop encombrées et bien trop rapides. Nous empruntons donc des petites rues pour avancer vers un but incertain. 
Au début tout ce que nous souhaitons c'est réussir a sortir de la ville pour flâner sur des routes de campagnes. Nous ne les trouverons jamais. 
En revanche au détour d'un chemin nous traversons d’étranges cimetières laissés à l’abandon recouverts par une dense végétation. Nous avons du mal à distinguer les caractères gravés sur les stèles. Un homme nous arrête nous demandant où nous souhaitons nous rendre. Il nous indiquera la route à prendre pour nous rendre à la plage. 
Trop obstinés à vouloir vagabonder sans but, nous suivons une route qui semble s’éloigner de plus en plus de la ville. Il s'agit d'un cul de sac. 



Nous faisons une pause pour reprendre notre souffle. Non loin de l'endroit où nous nous sommes arrêtés se dégage une étrange musique, des cymbales, des tambours. 
Nous attachons nos vélos pour voir de plus près ce qui se passe à coté.

Une scène de théâtre est installée où des jeunes filles costumées en tenues traditionnelles semble répéter. En face, d’où provienne les sons de tambours un rassemblement de personnes autour d'un homme d'un certain age.

Inspiré, il note sur des bouts de papiers jaunes des choses qui semble avoir une importance capitale. Certains sont conservés sur une table d'autres sont brûlés. Au rythme des tambour l'homme effectue des mouvements qui sont pour nous bien saugrenus.






En face de lui se tient un autre groupe autour d’un autre homme, plus jeune. Il a les yeux clos et se bascule doucement d'avant en arrière. Ses lèvres remuent mais le son des tambours couvre ses murmures. Nous reconnaissons aussitôt en lui l’état de transe. 
Il ne semble tenir debout que grâce à son étrange canne. L'ambiance est extrêmement mystique avec l’épaisse fumée des nombreux bâtons d'encens disposes en avant de ce spectacle, sur un autel ornés de fleurs, et de nourriture. Les locaux venus assister à la cérémonie nous font signe d'approcher de ne pas nous inquiéter. Nous pouvons prendre des photos. On nous explique que ce rituel s’effectue chaque année dans le but d'apporter de la chance, de guider les personnes venues « consulter ». 

Le son des tambours change, le rythme aussi, plus régulier. La table où se trouve les papiers est mise de coté et le jeune homme en transe est conduit près de celle-ci. Assis sur un banc il se balance de plus en plus frénétiquement alors que se forme en face de lui deux colonnes de femmes, d'hommes et d'enfants. Au fur et à mesure que les couples se présentent à lui, toujours dans son état extatique, le voici qu'il se lève et claque le fouet qu'il avait autour du cou à coté des deux personnes installées à genoux, mains jointes en face de lui. Quand il aura claqué son fouet un nombre de fois qui lui semblera suffisant alors il tendra la main vers la table pour se saisir d'un petit papier qu'il remettra aux "patients". Cela ressemble beaucoup à un rituel Shamanique. Cet homme dans un état de conscience altéré serait à même d' apercevoir les esprits et de son fouet repousserait ceux qui avaient prévu d'ennuyer les Malais. 

Nous ne participerons pas à la cérémonie sans doute trop gênés de se joindre à un tel événement dans lequel nous n'avons pas foi. Néanmoins des brioches et autres sucreries nous seront offertes par les locaux pour nous remercier d'avoir été témoins de l’événement.